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Histoire et patrimoine

Histoire et patrimoine
Voici un résumé du livre de Marie-Claire Mangou-Nautiacq, "Messanges, un village du Marensin"

Messanges est un village d’environ 1000 habitants, situé au sud des Landes dans le canton de Soustons. D’une altitude moyenne de 7 à 8 m, bordée par l’océan à l’ouest, la commune est limitrophe avec celles de Moliets au nord, d’Azur à l’est et de Vieux-Boucau au sud. Les bourg et ses « quartiers » entourés de vastes pinèdes et d’étangs paisibles offrent aux visiteurs l’image d’une localité typique du Marensin.

L’origine du nom de Messanges :

Il existe peu de documents qui permettent de retracer l’histoire de notre village,  en ce qui concerne son nom,  de nombreuses hypothèses ont été émises. Voici la plus poètique : D. Habas, historien landais dit ceci : « L’heureuse sonorité du nom évoque la nature chantante des lieux… le gazouillis des oiseaux rien qu’en pensant aux mésanges. »

Les temps anciens :

Grâce aux vestiges trouvés au siècle dernier, nous savons que la région était traversée à l’époque gallo-romaine par le « Camin Romiou », une voie côtière qui reliait Bordeaux à Dax et Bayonne. Le littoral devait être bien différent de celui que nous connaissons aujourd’hui puisque l’on ramassait des huîtres au bord de la route des lacs.

Il nous faut cependant parvenir au XIII siècle pour trouver une première mention écrite concernant Messanges, une des paroisses de ce petit pays côtier que l’on nommait alors « Marensin ». Au Moyen-Age, la baronnie du Marensin délimitée au nord par le courant de Contis et au sud par celui de Soustons comptait seize paroisses : Azur, Castets, Escalus, le Boucau-Vieux, Léon, Linxe, Lit, Maa, Messanges, Mixe, Moliets, Saint Girons du Camps, Saint Girons de l’Est, Saint Michel, Taler et Vielle.

La première mention écrite de l’existence de Messanges date de 1242 dans un écrit du roi d’Angleterre Henri III.

L’Ordre des Templiers possédait à Messanges des terres dépendantes de la commanderie de Moliets. Il s’agissait d’un « casau » (terme gascon qui signifiait une maison avec des terres attenantes) et d’une autre terre. Certains pensent qu’on y accueillait des pèlerins sur le chemin de Compostelle. En effet, Messanges et Moliets se trouvaient à proximité d’un chemin de Compostelle qui selon les historiens, suivait le même tracé que l’antique « Camin Romiou » des romains. A l’époque, la traversée des Landes était éprouvante et avait fort mauvaise réputation. Il reste d’ailleurs à Messanges certains noms de lieux inquiétant … Qu’arrivait-il au pélerins lorsqu’ils passaient au « Ruste » (rôti), au tuc des « Boulurs » (tuc des voleurs), à Judas. Ne mettaient-ils pas leur âme en peril lorsqu’ils s’arrêtaient au « Galant » ?

Il existait cependant une communauté établie et active à Messanges. En effet, le lieu bénéficiait d’une situation géographique privilégiée du fait de son emplacement dans une large dépression entourée de dunes anciennes sans risque d’ensablement ou d’inondation pour les cultures. Messanges était bordée à l’ouest par l’océan et s’étendait en continu du nord au sud de Moliets à Soustons et à jusqu’à Azur à l’est. Son territoire était fait de dunes de sables, d’eaux et de marais impropres à la culture, vers l’est, il était couvert de forêts de pins. Au milieu, s’étendaient  les champs et les vignes. La vie des messangeots était certainement dure et précaire. En ces temps-là, ils habitaient des cabanes de bois et de pisé. Les messangeots vivaient probablement de la culture ancestrale du millet et du pais, de la production du miel, de la pêche, du commerce de la résine, de la poix et du bois, spécialités du Marensin depuis des temps immémoriaux. Les plus riches possédaient une basse-cour, un cochon, quelques moutons et des chèvres que l’on faisait paître sur les dunes côtières dans les bruyères et les ajoncs. C’est au XIIIème siècle que la vigne est apparue dans notre région.

Un caprice inouï de la nature va transformer la vie paisible de notre petite bourgade. Il ne s’agît rien de moins que le déplacement de l’embouchure de l’Adour de Cap Breton à Messanges. L’Adour serait arrivé au « Plecq »  entre 1307 et 1360 (il est impossible de connaître la date exacte de cet événement car il n’existe aucun texte officiel relatant l’événement).  Le plecq  qui sera appelé plus tard Vieux-Boucau était encore un quartier de Messanges. Il semblerait donc qu’au début du IXème siècle, à l’occasion simultanée d’une forte tempête qui obstrue l’embouchure de l’Adour à Capbreton et de grosses crues en amont du fleuve, les eaux tumultueuses de l’Adour ont été poussées violemment vers le nord, le long de la dune littorale, jusqu’au Plecq, rasant tout sur leur passage. Le fleuve dépassait même ce point, créant un remous jusqu’à Moïsan avant de revenir se jeter à la mer dans la petite ouverture des ruisseaux de Messanges et de Soustons, l’agrandissant considérablement.  Le bassin creusé par les remous formait une rade très sûre (dont il ne reste que l’étang de Moïsan) qui se situait grosso modo entre l’emplacement des trois campings aux noms très évocateurs : le « Vieux Port », « La côte » et le « Moïsan ». Messanges et surtout le quartier du Plecq vont bénéficier durant deux siècles et demi, jusqu’en 1578, d’un essort sans précédent.

Un accroissement sensible de la population se produit aux XVéme et XVIéme siècles. L’activité se partageait entre deux pôles principaux. L’un résolument tourné vers la mer, était au Plecq. L’autre était au bourg, gardant sa vocation rurale. Il ne resterait plus qu’une maison datant de cette époque de relative richesse : une grande bâtisse proche de l’église, dont la façade s’orne d’un décor de croisillons et d’une fenêtre à meneaux de bois. C’est peut-être aussi à cette époque que s’est développé le quartier de Messanges qui sera appelé plus tard « quartier Caliot ». La proximité du tuc du Pey de l’Ancre, au pied duquel s’étendant la rade et le voisinage du port en faisaient un lieu propice pour s’y établir. Il est probable qu’on y cultivait déjà la vigne.  On peut aussi retrouver, proche de l’église, sur le ruisseau de la Prade, le lieu-dit « au moulin » qui marque l’emplacement d’un ancien moulin utilisé encore au siècle dernier.

Malheureusement tout à une fin…les éléments déchainés qui avaient amené vers Messanges le fleuve et la prospérité, vont, aidés par l’homme cette fois, nous les reprendre. L’embouchure de l’Adour devenait de moins en moins praticable en raison d’un phénomène d’ensablement qui pouvait provoquer des inondations catastrophiques jusqu’à Bayonne. En 1556, Bayonne (qui n’entendait pas partager « son » fleuve d’avantage) décida de s’approprier l’Adour en projetant une embouchure au Boucau-Neuf. Enfin, après des travaux titanesques et à la suite d’une forte tempête et d’une violente crue de l’Adour, qui inondèrent une fois de plus Bayonne,  le fleuve put rejoindre l’océan par le nouveau chenal. C’était le 28 octobre 1578, jour heureux pour Bayonne, mais ô combien malheureux pour Vieux-Boucau et Messanges. La légende nous raconte qu’un bateau, le Moïsan, se trouvait ancré à terre au fond de la rade pour laisser passer la fameuse tempête du 28 octobre 1578. Le bateau ne put jamais regagner la mer faute du retour des eaux détournées à Bayonne.

Le détournement de l’Adour marque la fin d’une période de relative prospérité. Un exode massif de la population suit le départ du fleuve et Le plecq nommé dorénavant Port d’Albret, puis Vieux-Boucau acquiert définitivement son autonomie. Finalement, notre village poursuivant sa vocation rurale survécut tant bien que mal au détournement de l’Adour. La diversification des productions agricoles et sylvicoles jointe aux revenus tirés des pins, de la vigne et du miel assurait le minimum vital. Il ne faut pas oublier aussi l’élevage des moutons, l’image du berger juché sur ses échasses, surveillant les troupeaux qui paissaient sur les terrains vacants, en bordure des étangs ou sur les dunes mouvantes de la mer, qui reste incontournable dans notre pays. En ce qui concerne les revenus tirés des pins, il ne s’agissait pas à l’époque de revenus issus de la vente du bois mais plutôt de la résine et de ses dérivés. Le gemmage était pratiqué intensivement. On n’utilisait pas encore le fameux pot de résine mais on creusait au pied de l’arbre un trou, le « crot », dans lequel on recueillait le précieux liquide.

En raison de son aspect déshérité, le pays landais va acquérir au cours des siècles une réputation de plus en plus misérable, souvent exagérée, dont ses habitants vont être les premières victimes.

Pendant la période révolutionnaire, à l’époque de la création du département des Landes, Messanges faillit prendre une certaine  importance administrative. L’assemblée départementale des Landes  avait proposé à l’Assemblée Nationale de réunir notre commune à celles de Vieux Boucau, Moliets, Maa, dans une seule municipalité dont le chef-lieu aurait été Messanges qui présentait encore à l’époque une santé économique et démographique meilleure que ses voisines. La proposition ne fut pas retenue.

Le premier Maire de Messanges, Jean Fayet, est élu en 1793. Au début du XIXéme siècle, la situation de la commune n’est guère brillante. La dépopulation s’accentue, les biens communaux se dégradent. Le bourg à cette époque ne compte plus que 10 maisons. La mortalité infantile est très forte. Les marais insalubres favorisent la propagation des fièvres. A ce sombre tableau vient s’ajouter un incendie catastrophique qui ravage la contrée en 1803. Le 23 août, le feu, parti de Seignosse, gagne les forêts de Soustons, Vieux Boucau et Messanges. Le 27 août 700.000 pins brûlent en un jour.

A cette époque, il n’y avait pas d’école à Messanges. Il faut attendre 1816, pour que la loi oblige les communes à prendre en charge l’enseignement des enfants. Une salle de classe et un logement pour l’instituteur sont installés dans la maison communale (aujourd’hui, emplacement de la poste) construite en 1835, près de l’église. L’urbanisation de la commune se poursuit avec l’aménagement en 1849 d’une place publique devant le presbytère.

Petit à petit, dans les années 1880, au village, les mœurs s’adoucissent et les habitants s’adonnent à des occupations plus divertissantes. Les gens se rencontrent dans les estaminets pour boire un bon coup certes, mais aussi pour se rencontrer, discuter de chasse, de pêche et jouer aux quilles. La municipalité se préoccupe aussi comme il se doit du sort des plus démunis. Un atelier de charité est créé en 1883 et chaque année, pour le 14 juillet, on offre le pain et le fromage gratuitement. Cette tradition charitable se perpétuera jusqu’aux années 1950.

Les dernières années du siècle voient de nouveau aménagement. La commune achète, en 1889, un terrain pour la construction d’une école de filles au lieu-dit « Minjon », au bourg, le long de la route de Messanges à Vieux Boucau. En 1889, le cimetière qui entourait l’église est déplacé le long de la route de Vieux Boucau.

La forêt. Jadis, la forêt ne poussait que sur les dunes anciennes. C’est au XIXème siècle que l’on se préoccupa du boisement systématique des Landes de Gascogne et de la fixation des dunes océanes. A Messanges, les opérations de boisement prennent place en 1837. Le paysage est alors fixé tel que nous le connaissons aujourd’hui avec d’ouest en est : la plage, la dune haute, la « lette » (zone protectrice entre la dune et la forêt où la végétation prend des formes tourmentées) et la forêt de pins jusqu’au bourg. Remarquons que cet espace naturel entre mer et village n’a pas été défiguré par une urbanisation touristique abusive. Au XIXème siècle à Messanges, le marché de la résine représente alors une source d’appréciable profit. A la fin de ce même siècle, la révolution industrielle va générer un autre besoin qui fera les beaux jours de la forêt landaise : les fameux poteaux de mines dont les mines de charbon du nord de la France et de l’Angleterre faisaient une énorme consommation pour étayer les galeries. Mais l’âge d’or du pin durera moins d’un siècle. La résine cessa d’être rentable et la demande des poteaux de mines diminua peu à peu pour finalement s’arrêter en même temps que fermaient les mines de charbon. Aujourd’hui, la production de pâte à papier, la fabrication de panneaux de particules, les bois d’œuvre et de menuiserie demeurent les principaux débouchés des pins.

La modernité fait irruption à Messanges au tout début du XXème siècle, avec l’arrivée du chemin de fer.  En effet, en 1904 le tronçon Soustons-Léon, via Messanges est construit.  A ce petit train qui cahotait à travers la forêt de pins, s’attache très vite une réputation d’inconfort notoire. On l’appelait le « matchecul ». Un surnom dû à la rudesse de ses sièges en bois. Sa lenteur était proverbiale, on avait donc tout le temps d’admirer le paysage.  (La ligne de chemin de fer sera désaffectée dans les années 1950. Les anciennes gares restent les seuls témoins de ce temps révolu)

En 1904, le chemin de la morue qui menait à la plage est rectifié, élargi, empierré. A cette même époque, on bâtit sur la dune une maison de bois pour servir de salle de bal. Elle fut endommagée pendant la guerre puis refaite et sert aujourd’hui de snack-bar pendant la période estivale.

En 1910, Messanges va enfin obtenir son bureau de poste permanent. Il sera installé à la place de l’ancienne mairie-école près de l’église. La même année, la mairie et la nouvelle école sont édifiées route de Vieux Boucau. Et en 1911, ce sera le tour de la salle des fêtes. Dans les années 30, une colonie de vacances est construite sur la route de la plage pour accueillir les garçons du département. Aujourd’hui la colonie a été transformée en hôtel.

De 1940 à 1945, Messanges se trouve en zone occupée. La dune et la plage, truffées de mines, sont interdites à la population. Deux blockhaus, éléments du Mur de l’Atlantique, sont construits sur la dune. Ils étaient reliés par un souterrain. Aujourd’hui, les blockhaus ont glissé sur la plage et s’enfoncent un peu plus chaque année dans le sable. Dans l’un des deux, on a retrouvé des caisses d’obus encore intacts.

C’est donc après la guerre que les premiers estivants découvrent Messanges. Deux hôtels les accueillaient, leur offrant un confort rustique mais une ambiance familiale et bon enfant.

Le grand changement pour notre village s’opère dans les années 60 avec la construction des premiers lotissements en 1962. Un premier camping est aménagé le long de la route de la plage, s’agit du camping du « Moïsan ».

Aujourd’hui, durant toute la saison d’été, les touristes qui séjournent à Messanges profitent des animations diverses qui leur sont proposées dont les célèbres sardinades annoncées à grands coups de canons. Mais le village a sa propre vie, indépendante du rush de l’été. De nombreuses associations sportives et culturelles organisent une foule d’activités.  Et les fêtes sont autant d’occasions pour les messangeots de se retrouver. Messanges a su préserver son côté rural. Dans les quartiers, les champs de maïs ou d’asperges et quelques vignes témoignent encore d’une  activité agricole. La forêt couvre les ¾ de son territoire servant d’écrin à trois étangs, celui de la Prade, très profond et poissonneux, le Moïsan, le domaine des hibiscus et des chasses aux canards et le petit étang du Couloum où se reflètent les bouquets de mimosas. Le bourg très fleuri en toutes saisons, offre aux visiteurs l’image d’une commune à la fois coquette et attrayante

C’est incontestablement la plage et l’océan qui attirent le plus les estivants. Les 5 km de plage de sable blond dominés par le sémaphore de la Marine Nationale où la baignade est activement surveillée. La pleine liberté de chevaucher les célèbres rouleaux de la côte d’argent, est réservée aux surfers qui à Messanges peuvent s’adonner à leur sport favori toute l’année grâce à la douceur du climat. La pêche au « surf casting » dans les vagues est très prisée des amateurs de piguets, de maigres et de louvines. On capture aussi des lançons à l’aide d’un filet à la basse mer dans les baïnes.

Forêts, Lacs et Plages sont les trois mots magiques qui figurent sur le logo de Messanges dont les habitants jadis peu tournés vers la mer ont su aujourd’hui renouer les liens avec l’océan.

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